Gestion des émotions : la colère

2 ans 1/2. Terrible two comme diraient certains.

L’âge de l’affirmation de soi, de sa personnalité. L’âge de l’opposition à l’autre.

Bref, l’âge des colères. Les vraies. Celles pour qui un câlin réconfortant, un bisou sur un « bobo » ne suffisent plus.

 

Ces derniers temps. Hibou fait vraiment de GROSSES colères. Celles ou je me sens bien démunie. Inutile même.

 

Celles où il me rejette. Quand je parle, il me dit qu’il ne veut pas m’entendre. Quand je tends une main vers lui, il me dit qu’il ne veut pas que je le touche. Et puis il s’allonge par terre, et il s’agite, tape des pieds, des mains, se cogne la tête….

Ces colères vont et viennent. Parfois même, je le sens, quand il va avoir besoin de décharger. je peux anticiper que, là, dans peu de temps, il va avoir besoin de sortir une émotion trop forte.

Et je le vois chercher! Cette petite étincelle qui mettra le feu aux poudres. Celle qui sera le déclencheur de ce débordement d’émotions!

 

Je vous l’avoue. Il m’est arrivé d’en gérer certaines en… criant.

On est pas parfaits. Jamais. Et je ne cherche pas à l’être. Ca ne rendrait service à personne.

 

 

Sauf que j’ai fait le constat que crier ne résolvait bien évidemment rien, voire empirait la situation.

 


 

Depuis quelques jours, je tente une nouvelle approche pour l’aider à gérer ce trop plein d’émotions.

Lors d’une colère, j’ai d’abord tenté un contact, par la parole, par les gestes, comme je fais toujours (proposition de câlin, lui dire que j’entends sa colère, etc…) sauf que, comme souvent, il a refusé.

Je l’ai laissé 2mn crier de toutes ses forces. Puis il commençait a taper des pieds, se cogner la tête (il était sur le carrelage en plus…) donc j’ai dit  STOP assez fermement juste pour qu’il me laisse quelques secondes pour lui proposer de l’aider.

Je lui ai dit qu’il avait le droit d’être en colère mais qu’il ne savait pas comment la sortir. Qu’il s’y prenait mal et que, s’il voulait, je pourrais l’aider.

Je pense avoir vu juste a ce moment là car il a accepté. Il a surtout été surpris, je pense, que je lui dise qu’il ne savait pas faire et qu’il avait besoin d’aide.

Et je pense que c’est le cas.

En fait, jusqu’a maintenant, j’étais convaincue qu’il fallait qu’il sorte sa colère, que je devais aussi le laisser exprimer son mécontentement, ou même sa tristesse.

Sauf que…. Ca déborde!!

Il est trop petit pour que « sortir » la colère soit suffisant!

 

Isabelle Filliozat, elle, prend l’exemple du lait qui bout sur le feu. Si on met un couvercle sur la casserole, ça continuera de déborder. Pour que ça arrête, il faut couper le gaz!

Et c’est ce que j’ai enfin réussi à faire.

Je lui ai donné un « mode d’emploi ». Je lui ai dit qu’il avait bien évidemment le droit d’éprouver ce type d’émotions. Mais qu’il fallait qu’il les exprime et qu’il demande de l’aide (a moi, son papa, ses maitresses à l’école, etc…) qu’il puisse dire « je suis en colère, ça déborde, j’ai besoin d’un câlin » et que nous serions là, nous adultes, pour le prendre dans nos bras et le rassurer, et l’écouter et l’accompagner dans sa colère.

Nous avons aussi fabriqué une « boite à colère »! Inspirée du très bon livre « Grosse colère » de Mireille d’Allancé

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Il a accepté de mettre quelques colères dedans. Pas toutes. Mais je propose. Et la boite, que nous avons décoré ensemble, reste à sa disposition!

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Quand je le sentirai prêt pour ça, j’aimerais bien lui proposer d’ouvrir la boite et d’autoriser les colères à s’envoler. Je ne veux pas qu’il assimile les colère à quelque chose qu’il doit contenir, enfermer. Comme s’il n’avait pas le droit de les éprouver.

C’est important, pour moi, qu’il sache que ces émotions sont normales, saines, libératrices et nécessaires parfois. 

 

Depuis, ses colères sont plus gérables. Je les accepte mieux, je suis moins à cran. Et lui à l’air d’accepter cette aide. Je pense qu’il en avait besoin.

Bien sur, je n’aurais jamais la prétention de dire que je détiens la méthode miracle. Je vous livre ce qui fonctionne, là, aujourd’hui, pour nous.

Peut être que demain, il faudra de nouveau réadapter. Et c’est bien la la difficulté du rôle de l’adulte! Etre constamment dans la réadaptation, tâtonner, tenter des choses, échouer, et parfois réussir! pour comprendre nos enfants et les accompagner sur le chemin tortueux de la vie!

 

Et chez vous, ça se passe comment pour gérer le trop plein d’émotions de vos enfants ? :)

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