Hier, j’ai pris un bain.

Il y a des jours comme ça, où il nous passe des idées un peu folles par la tête.

 

20h05 : le repas est terminé, Hibou joue tranquillement avec son père aux Playmobils.

La situation idéale pour m’éclipser dans la salle de bain et prendre un bon bain bien chaud, devenu si rare depuis bien trop longtemps!

20h07 : l’eau coule, fringues retirées, Dionysos en fond sonore !

20h09 : je suis allongée dans mon bain, recouverte de mousse, la musique qui me berce. C’est le PA-RA-DIS!

20h12 :

« elle est ou mamaaaaaan ? »

Merde. Le stress m’envahit.

Je ne bouge plus, je ne fais plus un bruit. Je me cacherais bien au fond de l’eau mais j’en ai même pas encore assez.

 

« Maman, Mamaaaaaaaaan, ou es-tu ? »

Je fais la morte. Il va peut être m’oublier ?

(L’espoir, c’est la vie)

 

La porte de la salle de bain s’ouvre d’un coup. Et le p’tit machin s’avance vers moi, un sourire qui monte jusqu’aux oreilles.

Merde, merde et re-merde, je suis grillée.

 

Pitié, qu’il ne demande pas à venir. J’ai pas envie de partager !

« Je vais m’occuper de toi, Maman, je vais te faire un bisou »

Oh, c’est gentil ça !

« Je vais te prêter mes jouets.

Je vais prendre mon épuisette et pêcher des poissons sur toi, moi ! »

….

Ensuite, je ne me souviens plus bien.

Enfin si.

Je me suis pris une boite sur la tête. Et des animaux, et un canard, et un bateau. Et un peu d’eau bien froide qui stagnait au fond de la boite.

Puis il m’a aspergé avec un flacon d’eau, puis il a voulu rajouter de l’eau froide à mon bain.

 

Mais! J’ai pris un bain, et même que j’ai pas eu besoin partager l’eau, et même que personne n’a fait pipi dedans, et ça c’est quand même la grande classe!

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Gestion des émotions : la colère

2 ans 1/2. Terrible two comme diraient certains.

L’âge de l’affirmation de soi, de sa personnalité. L’âge de l’opposition à l’autre.

Bref, l’âge des colères. Les vraies. Celles pour qui un câlin réconfortant, un bisou sur un « bobo » ne suffisent plus.

 

Ces derniers temps. Hibou fait vraiment de GROSSES colères. Celles ou je me sens bien démunie. Inutile même.

 

Celles où il me rejette. Quand je parle, il me dit qu’il ne veut pas m’entendre. Quand je tends une main vers lui, il me dit qu’il ne veut pas que je le touche. Et puis il s’allonge par terre, et il s’agite, tape des pieds, des mains, se cogne la tête….

Ces colères vont et viennent. Parfois même, je le sens, quand il va avoir besoin de décharger. je peux anticiper que, là, dans peu de temps, il va avoir besoin de sortir une émotion trop forte.

Et je le vois chercher! Cette petite étincelle qui mettra le feu aux poudres. Celle qui sera le déclencheur de ce débordement d’émotions!

 

Je vous l’avoue. Il m’est arrivé d’en gérer certaines en… criant.

On est pas parfaits. Jamais. Et je ne cherche pas à l’être. Ca ne rendrait service à personne.

 

 

Sauf que j’ai fait le constat que crier ne résolvait bien évidemment rien, voire empirait la situation.

 


 

Depuis quelques jours, je tente une nouvelle approche pour l’aider à gérer ce trop plein d’émotions.

Lors d’une colère, j’ai d’abord tenté un contact, par la parole, par les gestes, comme je fais toujours (proposition de câlin, lui dire que j’entends sa colère, etc…) sauf que, comme souvent, il a refusé.

Je l’ai laissé 2mn crier de toutes ses forces. Puis il commençait a taper des pieds, se cogner la tête (il était sur le carrelage en plus…) donc j’ai dit  STOP assez fermement juste pour qu’il me laisse quelques secondes pour lui proposer de l’aider.

Je lui ai dit qu’il avait le droit d’être en colère mais qu’il ne savait pas comment la sortir. Qu’il s’y prenait mal et que, s’il voulait, je pourrais l’aider.

Je pense avoir vu juste a ce moment là car il a accepté. Il a surtout été surpris, je pense, que je lui dise qu’il ne savait pas faire et qu’il avait besoin d’aide.

Et je pense que c’est le cas.

En fait, jusqu’a maintenant, j’étais convaincue qu’il fallait qu’il sorte sa colère, que je devais aussi le laisser exprimer son mécontentement, ou même sa tristesse.

Sauf que…. Ca déborde!!

Il est trop petit pour que « sortir » la colère soit suffisant!

 

Isabelle Filliozat, elle, prend l’exemple du lait qui bout sur le feu. Si on met un couvercle sur la casserole, ça continuera de déborder. Pour que ça arrête, il faut couper le gaz!

Et c’est ce que j’ai enfin réussi à faire.

Je lui ai donné un « mode d’emploi ». Je lui ai dit qu’il avait bien évidemment le droit d’éprouver ce type d’émotions. Mais qu’il fallait qu’il les exprime et qu’il demande de l’aide (a moi, son papa, ses maitresses à l’école, etc…) qu’il puisse dire « je suis en colère, ça déborde, j’ai besoin d’un câlin » et que nous serions là, nous adultes, pour le prendre dans nos bras et le rassurer, et l’écouter et l’accompagner dans sa colère.

Nous avons aussi fabriqué une « boite à colère »! Inspirée du très bon livre « Grosse colère » de Mireille d’Allancé

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Il a accepté de mettre quelques colères dedans. Pas toutes. Mais je propose. Et la boite, que nous avons décoré ensemble, reste à sa disposition!

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Quand je le sentirai prêt pour ça, j’aimerais bien lui proposer d’ouvrir la boite et d’autoriser les colères à s’envoler. Je ne veux pas qu’il assimile les colère à quelque chose qu’il doit contenir, enfermer. Comme s’il n’avait pas le droit de les éprouver.

C’est important, pour moi, qu’il sache que ces émotions sont normales, saines, libératrices et nécessaires parfois. 

 

Depuis, ses colères sont plus gérables. Je les accepte mieux, je suis moins à cran. Et lui à l’air d’accepter cette aide. Je pense qu’il en avait besoin.

Bien sur, je n’aurais jamais la prétention de dire que je détiens la méthode miracle. Je vous livre ce qui fonctionne, là, aujourd’hui, pour nous.

Peut être que demain, il faudra de nouveau réadapter. Et c’est bien la la difficulté du rôle de l’adulte! Etre constamment dans la réadaptation, tâtonner, tenter des choses, échouer, et parfois réussir! pour comprendre nos enfants et les accompagner sur le chemin tortueux de la vie!

 

Et chez vous, ça se passe comment pour gérer le trop plein d’émotions de vos enfants ? :)

La période des « Pourquoi »

On y passe tous. On se dit que quand même, c’est rigolo, parce qu’il y a des questions quand même bien poilantes.
Et d’autres super intéressantes/intelligentes!

Et puis, c’est une phase tout simplement normale du développement de l’enfant, qui s’approprie le monde, qui tente de le décoder, de comprendre tout ce qui l’entoure.

Mais, quand même, avouons le.

 

C’est chiant, un tout petit peu!

 

Si je vous dit que j’ai compté le nombre de « Pourquoi » j’ai récolté en une journée, ça vous dit de connaitre le résultat obtenu ?

Au début, je me suis dit que ça serait rigolo. Juste pour voir, se donner une approximation.
En milieu de journée, je me suis dit que mon idée était ultra chiantesque.

Parce qu’il faut compter et relever tous les « Pourquoi » et tenter de ne pas en oublier.

Et toujours avoir le téléphone a portée de main (j’ai utilisée une application compteur pour comptabiliser tous mes « Pourquoi » – Elle s’appelle « +1 » pour les intéréssés)

Nous avons eu, au cours de cette journée, une conversation absolument interessante sur les poubelles et leur devenir.

– Maman, tu sais ou il est le jouet de Mallow ? (le chat)

– Oui, a la poubelle chéri, tu te souviens, il était tout cassé!

– Pourquoi tu l’as mis à la poubelle ?

– Parce qu’il était cassé en plusieurs morceaux.

– Pourquoi il était cassé ?

– Parce que c’est pas très solide et Mallow aime beaucoup jouer avec alors au bout d’un moment, ça se casse et on le jette dans la poubelle (notez qu’en début de conversation, on prend le temps de répondre, on donne des explications plutôt fournies et riches en arguments)

– Pourquoi on jette dans la poubelle ?

– Parce que c’est là qu’on met les déchets

– On va le récupérer ?

– Oh ben non, depuis le temps, on a descendu la poubelle au local poubelle. Et puis les éboueurs les ont récupéré.

– Pourquoi ils récupèrent les poubelles ?

– Pour les emmener à la décharge.

– Pourquoi ils emmènent les poubelles à la décharge ?

– …

Ensuite nous avons eu une conversation tout aussi riche sur les raisons pour lesquelles la pâte à modeler durcit.
Puis sur les gouttes d’eau renversées sur la table et qu’on ne peut pas remettre dans le verre.

Puis sur les éponges et leur absorption.

Puis sur les raisons pour lesquelles on fait pipi et caca.

Puis un débat sur le fait que la farine n’est pas du sable même si les textures sont intéressantes toutes les 2 bien que différentes tout de même. Sans parler de la couleur, et du fait que l’un des 2 se mange et pas l’autre. (Mais pourquoi donc, je me le demande)

 

 

Bref. Je vous livre ce chiffre que je trouve assez effarant! D’une journée d’un enfant de 2 ans 1/2 en plein dans la phase des « pourquoi » qui s’est levé a 8h40, a dormi 1h30 et s’est couché un peu avant 22h!

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Alors j’ai repéré quelques livres sur les « Pourquoi ». Pas encore achetés, j’aimerais les feuilleter d’abord.

 

 » Mon 1er Larousse des Pourquoi »

« Dis moi Pourquoi ? » 

« Le Kididoc des Pourquoi »  : celui ci me parait vraiment pas mal pour débuter. Le Larousse est peut être encore trop complet pour mon Hibou de 2 ans 1/2.
Et puis on aime bien les Kididoc chez nous alors j’ai hâte d’aller le feuilleter dans une bonne librairie :)

 

 

 

 Et vous, quelles sont vos astuces pour répondre à autant de « Pourquoiiiiii » dans la journée ? 😉

 

 

2 ans 1/2 d’allaitement plus tard…

La semaine mondiale pour l’allaitement maternel prend fin. Et j’avais envie de vous partager notre expérience, chez les Hibou

 

Hibou est mon 1er bébé. Et autour de moi, je n’ai jamais vraiment vu de maman allaiter, ou de mamans parler de leur expérience en allaitement.

Enceinte, contrairement à d’autres, peu de gens m’ont demandé si j’avais fait un choix entre biberon et allaitement. Je pense que pour beaucoup (surtout ma famille), ils n’envisageaient même pas que je puisse me servir de mon sein pour allaiter. La norme ayant toujours été le biberon autour de moi.

Et puis lors de ma préparation à l’accouchement, il y a bien sur eu cette séance, sur l’allaitement :

On est 2 mamans et une sage femme nous fait un cours que l’on écoute, bien sagement.

Elle nous demande si on a fait un choix.
Je lui réponds que je ne sais pas. Peut être. J’aimerais bien essayer quand même.

Quand elle me demande combien de temps, je réponds 3 mois. Parce que dans ma tête, on ne peut pas allaiter bien plus que 3 mois.

C’est dur d’allaiter. C’est fatiguant. Et puis mon mari voudra donner des biberons. C’est un peu égoïste d’allaiter longtemps, en fait.

Et puis il faudra bien retourner au travail aussi.

 

Et puis j’ai accouché. Un mardi soir, après une journée pleine de soleil.
Je n’ai pas accouché dans la douleur.
Pas celle là.

A ce moment là, j’ai même dit que je n’avais pas accouché du tout.

Mon fils est né par césarienne en urgence.

Une fois que l’on m’a rendu mon fils. La seule chose qui importait, c’était de l’avoir contre moi, et de lui tendre ce sein qu’il attendait tant. Tétée d’accueil qui a duré quasiment tout le temps où j’étais en salle de réveil.

 

L’allaitement se met difficilement en place. 48h après mon accouchement, j’ai l’impression que mon fils ne prend rien.

Il a les lèvres sèches, j’ai peur qu’il soit déshydraté. Je ne vois rien couler de mes seins et j’angoisse. Je pense qu’il n’a sans doute rien avalé depuis sa naissance. 48h sans etre nourri alors qu’il vient de naitre ! Je passe ma journée à pleurer et angoisser.

Bizarrement, j’aurais pu céder aux compléments, ou juste me dire que « l’allaitement, c’est pas fait pour moi ».

Mais je venais déjà de foirer mon accouchement. Je ne pouvais pas en plus foirer mon allaitement.
Fallait bien que je me rattrape.

Parce que, oui, a cet instant là de ma vie de jeune maman depuis à peine 48h, j’étais convaincue que si je ne réussissais pas cet allaitement, pour sauver l’échec de mon accouchement, alors, il me faudrait admettre que je n’étais pas faite pour devenir mère.

 

3eme jour : Une auxiliaire de puériculture débarque dans la chambre. Elle me fait penser à une militaire. Elle me dit que ca ne va pas du tout. Qu’il faut revoir toute la position d’allaitement. Je la trouve gonflée de me parler comme ça.

Fin d’après midi, je vois apparaître la 1ère goutte de lait au creux des lèvres de mon fils. Surement mon plus beau souvenir durant ce séjour.

Les jours passent, les semaines.

 

1 mois : 1 mois que j’allaite ! Ouah ! Je suis terriblement fière de moi, surtout quand je vois ce bébé si potelé, plein de bourrelets.

A la PMI, on m’a dit que je lui donnais beaucoup trop de tétées et qu’il avait pris trop de poids. Que j’étais en train de lui flinguer l’estomac.

Sauf qu’il réclame. Et que moi je n’arrive pas a le laisser pleurer alors tant pis. Je fais comme je le sens, au risque de tout faire de travers.

 

 

2 mois : Mes parents nous rendent visite.
Je m’absente dans la chambre pour allaiter mon fils. Mes parents et mon mari au salon.
J’entends ma mère lui demander « elle va le nourrir comme ça combien de temps ? »

J’entends mon mari lui répondre : « ça serait bien si elle y arrive jusqu’à la diversification, vers 6 mois ».
J’imagine le regard de ma mère. Ce qu’elle pense.
Ca me fait sourire. Ca m’amuse que tout cela la dérange. Alors je me dis que, oui, ça serait drôlement chouette d’aller jusqu’à la diversification.

 

4 mois plus tard : Hibou en a 6 et tète toujours autant. Toutes les 2h, nuit et jour.

C’est dur. Je doute.

Il prend beaucoup de poids quand même. Et puis « on » m’a dit que ce n’était pas bon de lui donner la tétée à la demande, il faut qu’il apprenne à se détacher du sein, il faut qu’il trouve à s’endormir seul. Il faut, il faut et il faut encore et encore et encore.

Je doute et je traverse une période très difficile. Un médecin me demande de sevrer. Il me dit qu’il faut arrêter. Que je suis épuisée. J’ai perdu pas mal de poids, je suis toujours fatiguée. Et tout le monde ou presque me fait croire que c’est la faute de l’allaitement.

J’ai envie de hurler que moi je sais que c’est pas ça. J’ai envie de hurler que si j’allaite, ce n’est pas que pour lui, c’est pour moi aussi.

Mais on ne me comprend pas vraiment.

Alors je m’accroche comme je peux. A tout ce que je peux. Surtout à mon pilier. Mon mari. Heureusement qu’il est là lui.

 

Les nuages passent. Comme toujours.
Le soleil finit toujours par chasser la tempête. C’est comme ca. C’est dans l’ordre des choses.
Il faut juste bien s’accrocher pendant la tempête.

 

1 an.

1 an que j’allaite. J’ai même repris le boulot et je gère. Je découvre les joies du tirage au travail. Je découvre les a priori sur l’allaitement « long ».
Les collègues qui ne comprennent pas vraiment mes choix. Qui n’y voient pas d’intérêt.

Période de mensonge. Pour éviter que la nounou ne file du lait de croissance à mon fils, je lui dis qu’il est IPLV.
Au moins, je suis sure qu’elle ne le fera vraiment pas. Et vite, vite. Le soir je rentre le plus vite possible, donner toutes les tétées que mon fils me réclamera le soir et la nuit.

 

Les mois filent et défilent.

2 ans. Un déménagement entre temps. Je ne travaille plus. C’est de nouveau tétées à volonté ou presque.

 

2 ans ½ : On vient de commencer l’adaptation à l’école. Il aime. Sauf qu’il aimerait aussi que maman reste. Normal. Ce n’est pas la faute à l’allaitement. C’est juste. Normal.

Alors je peux vous dire que quand je vais le récupérer, un peu avant midi. Et qu’il me demande la tétée de retrouvailles, c’est l’un des plus beaux moments de ma journée.

 

C’est une relation unique et indescriptible. C’est un lien puissant, c’est toute mon énergie qui est concentrée dans son regard, dans son contentement.

Dans mon histoire personnelle, mon attachement à mon enfant, l’allaitement a été mon sauveur. Ca a été mon lien permanent avec mon bébé. Mon fil conducteur, celui a qui je pouvais toujours me raccrocher.
 

J’ai pu compter sur l’aide de nombreuses personnes, professionnels réellement formés et informés sur l’allaitement maternel mais aussi ces groupements de mamans, sur les réseaux sociaux, qui m’ont prouvé que je n’étais pas seule, qui ont été un soutien sans faille, 7/7 et 24/24 et dont certaines mamans sont devenues de véritables amies.

Et mon mari, surtout lui.

Celui qui y a parfois bien plus cru que moi. Celui qui m’a toujours encouragée et soutenue. Celui qui m’a toujours dit qu’on y arriverait et que, peu importe les coups durs, on s’en sortirait. Parce qu’il a toujours eu raison. 

 

Alors, l’allaitement maternel, c’est toujours une relation égoïste qui exclue toute autre personne de la relation à l’enfant ?

Une chose est sure. De toute ma vie, je ne me suis jamais aussi sentie soutenue, encouragée et épaulée par tout un tas de gens, de tous côtés. On est bien loin de la relation fusionnelle et totalement excluante que certains aiment à nous décrire quand nous évoquons l’allaitement long 😉

Les mystères du Parc

Cet article pourrait être classé dans la catégorie « activités paranormales »  du blog.

Merci de bien vouloir me rassurer si vous êtes vous aussi témoin des scènes qui vont suivre, je vous proposerai ensuite que l’on monte une association de défense des mamans abusées du parc (ADMAP).

Hibou et moi nous promenions gaiement dans la rue avec un objectif en tête : Le parc.
Tout insouciants, avec notre sac de jeux de sable sur le dos, nous allions gaiement, à dos de draisienne jusqu’au bac à sable.

On s’installe tranquillement, je m’assieds et prends même la liberté de retirer mes petites sandales afin de planter mes petits pieds dans le sable doux.
Fiston s’assied à coté de moi et fait de même, mode « vacanciers staïle ». et déballe ses précieux seau, pelle, râteau et surtout, les indémodables camion-benne et tractopelle, afin de nous mettre en quête de la construction de la reproduction taille réelle (ou presque) de la grande muraille de Chine.

 

Moments complices, mon fils rit, saute, la joie de vivre et l’insouciance de notre jeunesse nous emporte dans ce lieu de perdition.

 

Soudain, 1 individu s’avance.

Suivi de 2 autres.

Puis d’un autre groupe de 3 autres individus.
Ce sont des enfants, je pense, mais leur démarche est zombiesque.

Ils ont le regard dans le vide, scrutent le sable, l’air envieux, la bave au menton.

Nous sommes crédules et naïfs et nous laissons faire. Mais voilà que ces enfants-zombies s’emparent de tous nos jouets!

Et la politesse ne fait rien, en fait, on dirait qu’ils ont perdu l’usage de leurs oreilles. Ils semblent ne pas parler non plus.

 

Pourtant, mon fils demande à certains plusieurs fois « comment tu t’appelles ? » afin de tenter une tactique d’approche pacifiste (Bien tenté mon fils, je n’y avais pas pensé!)

Je jette un oeil à l’horizon, mais rien. Pas un adulte en vue. Personne pour me venir en aide!

 

Hibou commençant à ne plus apprécier de se faire « emprunter » son tractopelle, se transforme, lui aussi!

Il crie, il tente la manière forte pour récupérer son butin, arrache des mains!

Il est de mon devoir d’intervenir. Alors je tente une nouvelle approche

« Je propose que tout le monde joue ensemble à construire un immense château, Haha, comme il va être beau! »

Mais toujours aucune réponse. Certains commencent à se jeter les jouets, d’autres se barrent avec, sans même un regard.

 

Sentant le regard désapprobateur et triste du Hibou, j’emploie la manière forte, ma dernière carte à jouer, mon coup de bluff :

On doit rentrer à la maison chéri, désolée les enfants, il faut me rendre les jouets, nous partons ! (sur un air chantant)

Après quelques minutes de négociations pour certains, nous récupérons notre trésor. Rentrons à la maison, quelque peu agacés, et finirons notre beau château dans notre tout petit bac, à la maison.

 

Ceci est bien évidemment traité sur le ton de l’humour.
Cependant, parents qui, peut être, tombez sur cet article :
Au parc, ce n’est pas aux parents des autres de s’occuper de vos enfants.
Au parc, il est bon d’être près d’eux, de les accompagner dans leurs jeux, dans leurs interactions sociales aussi.
Je suis totalement pour le partage, pour le « jouer ensemble ». Quels bons moments pour un enfant, d’en rencontrer d’autres, d’inventer de nouveaux jeux, de se nourrir des apprentissages des uns et des autres.
mais alors, 2 fois sur 3, j’ai l’impression de me transformer en nounou. (à ce sujet, une mère, après que je me sois occupée de sa fille pendant quasi 1h pendant qu’elle téléphonait sur son banc au loin, m’a même… remerciée de m’être occupée de sa fille. Au moins, elle est honnête et reconnaissante, me direz-vous.)
Consolant les enfants qui se font mal, faisant la conversation aux plus grands qui ont envie de parler. Prêtant les jouets que l’on a pensé a emporter, quitte à ne jamais les revoir, les enfants, se contentant de se servir et aller jouer plus loin, sans aucune remarque de leurs parents (qui surveillent au final assez rarement).
Et hier, j’ai été très blessée de rentrer avec un petit bonhomme bien triste et furieux qu’on l’ait empêché de jouer.
Certains me diront d’arrêter de prêter sauf que je pense que l’on peut aussi apprécier jouer tous ensemble et tous se respecter, à condition… que le parent soit présent et montre l’exemple…